Alors que la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires majeurs dans sa partie orientale, le débat politique est une fois de plus pollué par les dérives de l’instrumentalisation communautaire. Face aux provocations de l’étranger et au repli tribale de certains acteurs politiques nationaux, une ligne de conduite émerge : celle de la responsabilité, de l’unité et du rassemblement.
La provocation externe de Tito Rutaremara
La récente sortie de Tito Rutaremara, figure historique du Front patriotique rwandais (FPR) et ancien haut responsable à Kigali, constitue une ingérence inacceptable. En appelant explicitement une communauté congolaise à prendre les armes contre son propre pays, cet ancien sénateur tente d’instrumentaliser les questions identitaires à des fins géopolitiques. Cette stratégie d’ingérence vise délibérément à attiser les tensions communautaires et à fragiliser la cohésion nationale en présentant les Banyamulenge comme des corps étrangers au Congo.
La dérive populiste de Martin Fayulu
Au lieu de faire bloc en ces temps de guerre, Martin Fayulu a choisi de s’enfoncer dans un populisme identitaire dangereux. Lors d’une intervention à Bruxelles, le président de l’ECiDé s’est livré à une démonstration flagrante d’ignorance historique et géopolitique, déniant la qualité de communauté congolaise aux Banyamulenge sous prétexte de critères linguistiques tronqués.
En associant la nationalité à une frontière linguistique rigide, Fayulu oublie que la région des Grands Lacs — comme l’Afrique précoloniale — est faite de mobilités et de langues transfrontalières. Le Kinyarwanda, au même titre que d’autres langues parlées dans les zones frontalières de la RDC, fait partie du patrimoine linguistique du pays, comme en témoigne la toponymie ancrée dans nos provinces (Rutshuru, Rumangabo, Rugari, Runyonyi, Rugezi, Rutiriza, Rutoke, Gisigari, Kanyamahoro, Nyamulagira, Karisimbi etc). En cédant à ce discours d’exclusion, Martin Fayulu alimente le poison de la haine de l’autre et sert involontairement les arguments de ceux qui ont pris les armes contre la République.
Patrick Muyaya, la hauteur républicaine
Face à ce double piège, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, incarne la réponse républicaine qui s’impose. En qualifiant d’indignes les propos de Rutaremara et en recadrant fermement les contresens de l’opposition, Patrick Muyaya s’érige en véritable chantre de la nation.
Avec clarté et fermeté, il rappelle une vérité fondamentale : les Banyamulenge sont des citoyens congolais à part entière, engagés aux côtés des institutions et des Forces armées de la RDC (FARDC) pour défendre l’intégrité du territoire. Refusant la popularité facile que procure la surenchère ethnique, Patrick Muyaya choisit la pédagogie du rassemblement et le rejet absolu des discriminations basées sur la race, la tribu ou la langue.
Sortir du carcan de la haine pour bâtir la nation
L’histoire du Congo ne peut plus s’écrire sur les fractures identitaires ou les boucs émissaires. Le piège de la division a trop souvent coûté la paix et la stabilité du pays. Pour faire face aux agressions extérieures et construire un État fort, les Congolais doivent définitivement briser le carcan de la haine tribale. L’unité nationale n’est pas un slogan, c’est le seul socle sur lequel la République démocratique du Congo pourra bâtir son avenir et garantir la sécurité de l’ensemble de ses citoyens.
B.M.







